Vous faites face à un litige ou à un problème juridique et vous vous dites que l’intelligence artificielle est votre sauveuse ? Qu’il s’agisse de rédiger un courrier, une mise en demeure, un e-mail, vous pensez qu’une IA saura le faire efficacement pour vous. Puis, qu'il vous suffira d'envoyer cet écrit à votre adversaire.
Tout professionnel du droit vous le dira : c'est une fausse bonne idée !
Certes, vous serez peut-être impressionné par la longueur du document. Vous serez même séduit par l’argumentation proposée. Les termes employés vous paraîtront adéquats car ils « sonneront juridiques ». Sans compter que les IA sont souvent programmées pour aller dans votre sens, on appelle cela le « biais de complaisance ». De ce fait, à la lecture de la réponse qui vous sera apportée, vous aurez faussement l’impression « d’être dans votre bon droit ».
Mais les lacunes sont nombreuses :
- Raisonnements erronés ou interprétation erronée des textes.
- Mauvaise compréhension de la situation.
- Fausses sources de droit : c’est-à-dire des textes ou des jurisprudences cités qui n'existent pas (les fameuses "hallucinations").
- Qualifications juridiques inappropriées : c’est-à-dire emploi d’un terme qui ne correspond pas. Pour vous donner un exemple, dans ma pratique d'avocat j’ai déjà vu une lettre rédigée par un justiciable avec l’aide d’une IA, dans laquelle il dénonçait des prétendues « clauses abusives ». Problème : ces clauses n’en étaient absolument pas. Or, en droit, le vocabulaire n’est jamais laissé au hasard car il emporte de réelles conséquences juridiques. Faire preuve de précision est primordial en la matière.
- Ignorance de la pratique ou des usages.
Les risques pour vous :
- Déclencher des litiges ou ne pas envisager leur éventualité.
- Saboter vos chances de réussite, et cela même dans un dossier qui pouvait sembler favorable.
- Vous décrédibiliser aux yeux de votre adversaire. Vous ne serez plus pris au sérieux.
- Déclencher une conséquence très différente du résultat souhaité.
- Provoquer une réaction plus virulente de la partie adverse ou alors la braquer.
- Perdre du temps, en ne menant pas l’action appropriée dès le départ.
Conclusion
Il ne faut pas croire que le travail d’un avocat consiste simplement à ouvrir un code pour appliquer un article brut sur une situation donnée, de manière robotique. L’avocat est capable d'analyser comment doit être compris un texte et lui apporter les compléments utiles. Il sait aussi faire preuve de subtilité ou de recul lorsque cela est nécessaire.
En définitive, même à l’ère de l’avènement de l’intelligence artificielle, le professionnel du droit reste votre meilleur allié.

